La Castalie, Monthey
Bao-Pao et Balafon: nouvelles approches de la musique
pour les handicapés

 

 
Les chanteurs du Val d’Illiez ont chanté la Paix, en mars 2002, et offert le bénéfice de leurs concerts à l'institution médico-éducative La Castalie, à Monthey, qui prend en charge 150 handicapés moteur cérébraux.
 
Ce don a permis l'achat d'un nouvel instrument utilisant un faisceau laser pour jouer de la musique, le Bao Pao.  
 

Voici la description de cet instrument de musique:

Issu d'une recherche sur la simplification du geste instrumental, le Bao-Pao est un instrument de musique très facile à utiliser, accessible à un public le plus large qui soit, y compris aux personnes possédant une faible ca-pacité de mouvement.

On déclenche des sons en coupant un faisceau laser avec une baguette. Le son est produit par des générateurs de sons électroniques. Les nuances (forte, piano) sont obtenues en variant la vitesse de passage de la baguette dans le faisceau lumineux.
Les hauteurs de notes, préalablement enregistrées dans l'ordinateur, sont successivement envoyées au générateur de sons suivant un ordre conforme à la partition préenregistrée, en synchronisme avec le passage de la baguette.

Au départ, le Bao-Pao a été conçu pour la conduite d'activités musicales institutionnelles avec des handicapés et, d'autre part, pour l'initiation et la pédagogie musicales.

Les personnes souffrant d'une déficience motrice importante ont aussi accès. Il permet au handicapéde créer sa musique et de participer à une musique instrumentale collective.

 
 

La musique pour des handicapés mentaux et physiques avec le Bao-Pao

Plusieurs établissements médico-théra-peutiques prennent en charge, en Suisse, des handicapés mentaux atteints également d'in-firmités physiques. Les infirmes atteints d'un handicap léger vivent généralement dans leurs familles et bénéficient d'une prise en charge ambulatoire.
Les handicapés plus graves, souvent inca-pables de se déplacer et de travailler manuellement, vivent dans ces centres spécialisés qui, d'une part, assurent les soins nécessaires, d'autre part cherchent à déve-lopper leurs activités propres qui les valorisent et embellissent leur vie. La musique fait partie de ces activités, elle qui permet, sans le support de l'écriture et de la lecture, d'ex-primer et de communiquer leurs émotions. Le Bao-Pao fait partie de ces nouveaux instru-ments qui offrent aux handicapés le moyen de "faire" eux-mêmes de la musique.

 

 
 

Le Bao-Pao ou le plaisir de la musique

Le centre médicoéducatif La Castalie accueille actuellement 190 personnes, enfants ou adultes, vivant avec un handicap mental. La plupart d'entre elles présentent en plus un handicap physique rendant toute action sur l'environnement difficile, voire impossible.
Pour ces personnes polyhandicapées, la recherche de moyens augmentatifs d'action sur l'environnement est au centre de nos préoccupations. En raison des limites que leur imposent les déficits neurologiques, ces per-sonnes ne peuvent en effet pleinement jouir de leur corps, ni prendre conscience de leur pouvoir sur le monde extérieur, incapables qu'elles sont de procéder à cette expérimentation active de l'environnement si nécessaire au développement et à l'épanouissement de l'individu.
Le risque est alors grand de se voir condamnées à attendre et à subir plus ou moins passivement les événements.
Certes, chaque personne réagit différemment à cette situation, et elle le fait en fonction de son handicap, de son niveau de compréhension et de son vécu antérieur. Mais pour toutes il nous semble absolument primordial de leur donner le goût et les moyens de l'action; ce qui implique que nous placions au centre de nos préoccu-pations la recherche et le développement de moyens individuels d'action sur l'environnement.
Dans ce contexte, la découverte du Bao-Pao a permis à ces personnes d'expérimenter leurs ressources, de vivre les joies de la musique comme chacun souhaiterait pouvoir le faire et de devenir ainsi davantage acteur de leur vie.
En leur nom, merci à Musique et Vie de nous avoir offert ce merveilleux instrument et merci à l'équipe des musicothérapeutes de se l'être appropriè si efficacement.

Michel Giroud, Directeur

 
 
 
 

Le Bao-Pao, … 2 ans après

Deux années, c’est peu et pourtant nous avons vécu beaucoup d’évènements grâce au Bao-Pao. Au début de notre expérience, tout était à construire; les participants du 1er groupe d’abord pour parvenir à une homo-généité qui permette de jouer la musique, leur musique, de l’interpréter et d’en être satisfait ensemble et in-dividuellement. Au-delà des difficultés liées à leur handicap (IMC de type spastique et athétosique et, pour cer-tains d’entre eux, l’impossibilité de communiquer verbalement), il a fallu rechercher des moyens techniques pour pallier à leurs déficiences motrices. Ils présentent tous des raideurs musculaires et leurs mouvements sont très limités. Grâce à la collaboration d’un collègue de l’Institution, nous avons recherché pour chaque participant le mouvement le plus naturel et adapté le BaoPao en conséquence.


La seconde année, un autre groupe s’est inscrit: de jeunes adultes handicapés mentaux ne présentant pas de handicap physique. Le travail avec eux a été tout aussi enrichissant. Les participants ont choisi autant que possible les musiques qu’ils voulaient interpréter. Leur choix était varié: musique du monde, jazz, musique classique, variété française et comédies musicales.

En novembre 2004, la joie et l’émotion de jouer et de chanter pour l’inauguration officielle d’un nouveau bâti-ment de l’Institution ont été des souvenirs inoubliables pour tous.
Aujourd’hui, les résultats sont prometteurs même si la démarche est encore perfectible. Les deux équipes fonctionnent à leur rythme et nous bénéficions d’une heure par semaine de répétition sans qu’ils puissent s’exercer en dehors du temps imparti.
Le Bao-Pao permet de repousser les limites du handicap tout en ouvrant un accès à la culture par la musique.

Quelle joie lorsque le musicien arrive avec beaucoup d’énergie et de volonté à maîtriser un peu ses gestes et à gérer les paramètres musicaux. A ces moments, un large sourire semble éclipser soudain le handicap de celui qui se sent pour un instant un vrai musicien.

Christine Curdy, Musicothérapeute

 
 

Le balafon
Dans un deuxième pas le Comité de Musique et Vie a décidé de faire cadeau de deux balafons au même Centre médico-éducatif "La Castalie" à Monthey.
Le balafon africain est l’ancêtre de notre xylophone, du vibraphone, de la marimba.

 
 
 
 

Le grand balafon est composé de 21 lames de bois, le petit de 12. Chaque lame a son propre résonateur, des calebasses qui vibrent lors de la frappe sur les bois et en colorent le son.


Ces instruments sont fabriqués par un facteur suisse, Claude Luisier, dans la Vallée de Joux.
Avec le grand balafon, on peut faire jouer un, deux, trois ou quatre musiciens en même temps, qui, debout, apprennent l’art de la percussion avec le même rythme et des sonorités qui ne sont pas mélodiques, selon notre culture, mais correspondent davantage à la musique africaine.


Le petit balafon à douze lames se situe sur un plateau plus élevé, ce qui permet à un handicapé en chaise rou-lante de jouer seul; l’instrument est mélodique, en basse-ténor, selon Claude Luisier, et offre au handicapé la possibilité de jouer une mélodie qu’il connaît.
Dans une des langues africaines, le balafon s’appelle "le bois qui parle". Laissons parler les balafons grâce aux enfants et adolescents de la Castalie.

Les illustrations montrent mieux que les explications l’âme du balafon en cours de fabrication chez Claude Luisier.